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Les belles normandes

Vaches normandesLes plus chics des vaches normandes jouent les stars à Paris ces jours-ci, sous les projecteurs du Salon de l’Agriculture. Je ne sais pas si elles ont tellement apprécié de monter à la capitale. A mon avis (et je pense en connaître un rayon en bovins, moi qui suis taureau) elles se languissent des vertes prairies de la Manche ou de l’Orne. Elles rêvent de retourner paître sous les ombrages, comme ici à Saint-Grégoire-du-Vièvre, dans l’ouest de l’Eure.
Le concours agricole parisien juge les bêtes sur leur conformation, c’est-à-dire sur leur physique qui doit correspondre aux critères de la race, mais pas seulement. Pour l’emporter, les concurrentes doivent aussi battre des records de production de lait, en quantité et en qualité. On mesure tout, notamment le pourcentage de protéine et de graisse, pour évaluer combien de beurre et de fromage la vache est capable de fournir.
La normande a un tempérament de championne. Il y a quelques décennies encore, on la disait bonne à tout. Bonne laitière, bonne race à viande, facile à vivre, fertile, rustique dans la douce humidité normande… Toutes ces qualités ont fini par lui jouer des tours. Bonne à tout bonne à rien, dit-on aujourd’hui, à l’heure de la spécialisation des races dans une fonction précise. La Prim’Holstein lui est passée devant, cette vache noire et blanche d’origine frisonne qu’on voit partout, à la production de lait hallucinante. Et même la Montbéliarde.
Reconnaître la normande est assez facile en général, quand elle arbore comme ici une robe constellée de petits points, et de belles taches sombres autour des yeux, comme des lunettes de soleil (des stars, on disait). Mais quelquefois la normande peut aussi avoir une robe unie. Ca complique. Pour s’y retrouver, il faut un oeil d’éleveur.
J’espère qu’on continuera encore longtemps à en voir en Normandie, car les grilles d’évaluation ne sont pas tout. Les vaches normandes font partie du terroir. Elles suivent le destin des hommes. Elles souffrent de leurs conflits. Il est rare qu’on pense à elles quand on évoque le Débarquement, pourtant un tiers du cheptel normand a disparu pendant la Seconde Guerre mondiale.


3 commentaires

  1. sylvie dit :

    bonjour,

    Quand je suis allée en Normandie, j’ai vu pour la première fois des vaches Normandes, j’étais impressionnée par leur beauté et leur taille. J’habite ne Alsace au pied des Vosges, on voit plutôt la "Holstein" et également une très belle race qui malheureusement disparaît du paysage "la Vosgienne".
    Je pense tout de suite aux peintres qui ont tant peint cet animal et notamment à Constant Troyon, le maître des vaches dans l’art, Julien Dupré ou Rosa Bonheur.
    Cet animal est magnifique et j’espère en voir encore longtemps dans les prés, malgré les polémiques de pollution, le lait qui serait néfaste pour la santé ainsi que la viande. Après avoir nourrit l’homme pendant des siècles, il ne mérite pas toute cette ingratitude.

  2. Pour moi, LA référence dans l’art de peindre des vaches est Eugène Boudin, mais je suis aussi curieuse des autres "spécialistes"!
    Alors, merci à Sylvie de m’avoir permis d’en découvrir d’autres…[je ne connaissais aucun de ces "autres" spécialistes cités…]
    Et merci à Ariane pour cette "impressionniste" photo.

  3. Ariane dit :

    Ah ! les vaches de Boudin ! Et ce mur entier du musée Malraux du Havre où elles paissent à leur aise ! Les autres peignent – merveilleusement bien – des bovins, employés aux travaux des champs, mais Boudin peint des vaches d’une bonhomie merveilleuse, qui ont l’air heureuses d’être des vaches et d’être là. Je crois que c’est pour ça que les siennes font tant de bien à regarder.

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