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Toit en tuiles plates

Toit en tuiles plates de pays Grâce à la pente du terrain, ce très beau toit de tuiles anciennes se trouve au niveau des yeux dans la rue Claude Monet à Giverny, peu après l’église. Il est constitué de petites tuiles plates de pays en argile.
La fabrication artisanale de ces tuiles fait tout leur charme. Selon la qualité de l’argile, le temps de cuisson, leur place dans le four…, les couleurs varient dans une large palette de coloris « terre cuite », des plus pâles aux plus soutenus. L’autre élément du charme, c’est l’irrégularité des tuiles faites à la main. Pas tout à fait plates, pas tout à fait rectangulaires. Ces toits ne dégagent aucune monotonie ni raideur, au contraire on ne se lasse pas de les regarder, comme une oeuvre d’art.
Il faut une centaine de tuiles pour couvrir un mètre carré, ce qui est considérable. La mise en oeuvre est donc assez chère. Les dimensions des tuiles anciennes sont d’environ 14 par 18 cm et seul le tiers inférieur est apparent. Cette surface visible s’appelle le pureau. Le haut de la tuile disparaît sous les tuiles de la rangée supérieure. L’idée, c’est qu’une goutte de pluie qui coule sur le toit rencontre toujours une tuile entière dans sa descente vers la gouttière. Si la goutte arrive à se glisser dans l’interstice entre deux tuiles, elle va trouver une tuile dessous et continuer de couler vers le bas du toit.
Sur leur face arrière, les tuiles de pays disposent d’une aspérité qui permet de les fixer, soit un ergot en haut de la tuile, soit toute une barrette en saillie. Ce relief vient s’accrocher à une petite barre de bois horizontale, le liteau. Il y a autant de liteaux sur le toit que de rangs de tuiles.
Les tuiles tiennent par leur poids, sans clou ni accroche quelconque, sur des pentes autour de 45 degrés. Il faut une bonne pente, sinon la goutte musarde et l’humidité crée des désordres dans le toit. Mais si tout se passe bien, un toit couvert de tuiles anciennes résiste très bien aux décennies et même aux siècles.
Autrefois les matériaux tirés de l’argile étaient produits localement, en témoignent les appellations de rues telles que rues de la tuilerie, briqueterie ou poterie qu’on rencontre souvent. Préserver ces toits, surtout sur les maisons anciennes, c’est un choix esthétique mais aussi éthique. C’est marquer du respect pour le paysage, pour l’identité d’un terroir, et éviter l’uniformisation générale de la construction.
C’est aussi profiter d’un avantage indéniable des tuiles anciennes : on peut facilement remplacer les tuiles cassées ou tombées, ça ne se verra pas.
La difficulté est de trouver un couvreur aussi léger qu’une goutte d’eau qui n’aille pas casser davantage de tuiles en se déplaçant sur le toit.
La difficulté est aussi de se procurer des tuiles. Il faut un peu de chance, la déconstruction d’un bâtiment agricole par exemple, pour en trouver à vendre. A la campagne, il est d’usage d’être prévoyant, souvent les propriétaires ont un petit stock de tuiles anciennes dans une remise pour faire face aux réfections nécessaires.


2 commentaires

  1. Tania, bien vu, je corrige mon texte, il y a des ergots ou des barrettes, donc des accroches. Quand elles se brisent les tuiles glissent.

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Ariane.

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