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Les anges dans nos campagnes

creche

Crèche de l'église Notre Dame du Grand Andely

Est-ce que Noël vous a donné envie de chanter ? Ou d'écouter des chants de Noël ? On en entend partout, qui nous rappellent ce temps de l'enfance où tout le monde chante sans se poser de questions. 

La joie de Noël, ce cadeau fait aux hommes, s'accompagne de chants depuis toujours. J'avais en tête

qu'il y avait même déjà un choeur céleste dans l'Evangile, mais à bien lire Saint Luc les anges parlent plus qu'ils ne chantent : 

 Et soudain il y eut avec l'ange  une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

C'est peut-être une question de traduction. Ou bien les chants sont apparus plus tard sous la plume de commentateurs, comme par exemple Saint Grégoire :

Un ange annonce qu'un roi nous est né et les chœurs des anges, en écho à sa voix, chantent joyeusement.

C'est un défi de représenter le chant en peinture, cet art silencieux. Comment s'y prendre ? Classiquement, les peintres ont recours au phylactère, ce ruban de papier portant des mots qui s'enroule près de la tête des personnages :

 

putti-phylactere

Au 17e siècle, comme sur ce détail de l'Adoration des Bergers du Petit-Andely, c'est toujours du latin. Plus tard, au 19e siècle, les anges se mettent à parler en français.

Comment convient-il de représenter "la troupe céleste innombrable" ? Le plus souvent le peintre fait l'impasse sur le nombre. Ici ils ne sont que deux angelots, pour ne pas envahir le tableau, pour ne pas détourner l'attention de ce qui se joue à l'étage des humains. Le choix de putti, bien dans le goût du 17e, se justifie par opposition à l'archange Gabriel. Celui-ci, l'annonciateur de la bonne nouvelle, n'est pas figuré sur le retable lui-même mais dans un des tableautins de la prédelle, et c'est un ange 'adulte' : 

bergers-predelle

Vous aurez noté qu'en matière de troupeau aussi, le raccourci prévaut. Une vache, un mouton, une chèvre, et le tour est joué. On a pigé, ce sont des bergers. Pas très vifs quand on les réveille en pleine nuit, vous avez vu ? Quant à l'ange, il se penche au nuage comme on se penche à la fenêtre. Avec sa calvitie naissante et ses bras musclés qui dépassent de ses manches retroussées, il a décidément l'air un peu trop humain. 


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