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La Poste aux chevaux à Vernon

Ancien hôtel du Grand Cerf à Vernon, place Chantereine

Du temps où Vernon était cernée de murailles, le Grand Chemin de Paris à Rouen traversait la ville de part en part. En venant de Mantes, on entrait dans Vernon par la porte de Gamilly, l'actuelle place de Paris, et on en sortait à la place Chantereine. Sur cette distance de moins d'un kilomètre le voyageur d'avant la Révolution trouvait pas moins de dix-huit établissements où il pouvait passer la nuit.  

Cela commençait par l'Auberge du Bras d'Or, puis venait l'Hôtellerie du Gros Tournois, l'Hôtellerie du Petit Saint-Jean, l'Auberge de Saint-Nicolas, l'Auberge des Trois Rois, l'Hôtel de la Tenaille, l'Hostellerie de la Rose, l'Hôtel de la Croix de Fer, l'Hôtellerie de la Grande Maison du Coq, l'Hôtellerie du Chapeau Rouge, les Trois Signots, le Cheval Rouge, l'Hôtel du Mouton d'Or, les Trois Pèlerins, la Tête Noire, l'Image Sainte-Catherine, l'Hostellerie du Beau Soleil, et enfin l'Hôtel du Grand Cerf qui existe toujours, même s'il est fermé depuis longtemps. 

Pourquoi toutes ces auberges et hôtelleries dans la rue principale de Vernon ? Parce que jusqu'en 1775 on ne circulait pas la nuit. Les villes fortifiées fermaient leurs portes et tout le monde dormait en sécurité à l'abri des remparts. 

Parmi tous ces établissements, l'un d'eux, le plus chic et le plus important, était le Relais de Poste officiel : l'Hôtellerie de la Rose. Ce bâtiment à pans de bois de la fin du 14e siècle a disparu en juin 1940. Il était situé au 22 de l'actuelle rue Carnot, à l'angle de la rue des Pontonniers. Selon Roger Dordet, auteur d'une Etude sur l'Histoire de la Poste aux Chevaux à Vernon, "on y faisait bonne chère ; les gens de qualité qui le fréquentaient rendaient le milieu agréable. "

La Poste aux Chevaux est une institution qui s'est maintenue pendant quatre cents ans, du 15e siècle à l'apparition du chemin de fer. Elle était chargé de fournir les montures aux courriers de la poste aux lettres, aux voyageurs en voiture ou à cheval, et aux entreprises rapides de transport en commun. 

Tout au long des principales routes du royaume, on trouvait des relais de poste. Dans chacun, un Maître de Poste indépendant fournissait des chevaux frais aux voyageurs et aux messagers, qui les laissaient au relais suivant.  En changeant d'attelage, on gagnait le temps nécessaire aux chevaux pour se reposer. 

Ce service public a été établi par Louis XII.  La poste aux chevaux existait antérieurement, mais seulement pour le transport du courrier officiel. En 1505, Louis XII la met à la disposition des voyageurs.

Les relais étaient la propriété de Maîtres de Poste, ainsi que les chevaux. Les Postillons étaient chargés de conduire les diligences ou les malles postes et de ramener les chevaux au pas. 

En 1767, 'l'Indicateur fidèle du voyageur français' détaille la feuille de route de la voiture publique de Paris à Rouen par Vernon. Il part un carrosse de Paris pour Rouen les lundis, mercredis et vendredis à 4 heures du matin. La voiture passe à Saint-Germain en Laye à 9h, à Poissy à 11h (on dîne) à Meulan à 4h 1/2 et à Mantes à 7 heures (on couche). Le lendemain on repart à 4h du matin et on arrive à Vernon à 10h pour dîner. On ne sera à Rouen que le lendemain vers midi. 

Six heures pour parcourir 30 km de Mantes à Vernon ! Ca n'allait pas plus vite qu'à pied. Quant aux horaires un peu décalés par rapport à aujourd'hui, il me semble qu'on vivait à l'heure solaire, ce qui fait un départ à 6h à l'heure d'été, et un repas vers midi – une heure. 

Selon l'auteur, ces temps de parcours impliquent qu'on ne change pas les chevaux. "Neuf ans plus tard, en 1776, en utilisant les chevaux de relais, on part de Paris à 3 heures, et on arrive à Rouen le lendemain matin. " Entretemps Turgot a réformé le système des messageries royales, qui peuvent désormais utiliser les relais réservés jusque là à la poste aux lettres. 

On pouvait aussi voyager par le fleuve, si l'on y tenait. Le Livre des Postes de 1788 précise : "il part de Paris les samedis et mercredis une diligence d'eau, qui arrive à Rouen le huitième jour. "


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