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Les Nymphéas de Monet

Nymphéas par Claude Monet Nymphéas, Claude Monet vers 1914-18, huile sur toile, Musée Marmottan-Monet, Paris

Le plaisir d’une promenade dans les jardins de Giverny, c’est d’y découvrir les motifs qui ont inspiré le maître des lieux.
Quand on passe sous le grand saule près du pont japonais, par exemple, on ne peut s’empêcher de penser à ce tableau célèbre du musée Marmottan à Paris, peint à la fin de la guerre 1914-1918.
Monet, reclus chez lui, ne puise plus son inspiration que dans son jardin.
Il est atteint d’une double cataracte qui l’empêche d’apprécier les couleurs à leur juste valeur et rend les contours imprécis. Monet peint alors de mémoire et en fonction de l’ordre dans lequel il dispose les couleurs sur sa palette. C’est peut-être ce qui explique cette profonde différence de coloris entre son tableau, où le bleu ciel domine, et ce que notre oeil voit aujourd’hui, une teinte qui tire sur le vert glauque. Mais peut-être doit-on cette différence à la croissance des arbres depuis près d’un siècle. Parvenus à maturité, ils se reflètent davantage dans le bassin. Pour paraître bleue, l’eau doit réfléchir le ciel, et non les arbres.
étang aux nénuphars dans le jardin de Monet Dans la toile de Monet, pas de berge, pas de bord. Les branches du saule tombent on ne sait d’où – pas de tronc non plus. Elles ressemblent à un rideau de théâtre autour d’une scène, à des cheveux encadrant un visage. Elles donnent la verticale, comme un léger fil à plomb.
Entre les branches du saule, en plein milieu du tableau, le reflet de jolis nuages blancs. Le cadrage est serré, mais l’impression d’espace énorme, à cause de ces nuages, qui ouvrent une profondeur infinie, comme un trou dans la toile. En même temps que ces immensités, le reflet du ciel matérialise l’horizontale de la surface de l’eau, concrétisée par les deux radeaux de nymphéas qui y flottent et créent un effet de perspective. Quelques petites touches de rose et de jaune donnent toute son intensité au bleu, dans une harmonie pleine de douceur.
Enfin, au premier plan, des touches plus sombres sous les feuilles de nénuphar évoquent la profondeur du bassin, comme si on plongeait le regard dans l’eau.
C’est la gageure de cette oeuvre, représenter dans l’espace à deux dimensions de la toile tous ces différents plans et volumes dans lesquels l’oeil se perd.
Comme en photographie, pour être réussie l’image picturale doit capter longtemps le regard, le laisser errer d’un point à un autre pour y chercher des réponses.


2 commentaires

  1. Sylvie dit :

    Ce texte est tellement parfait, il suggère comme un nuage ce qui s’impose en pensée : "comme en photographie, pour être réussie l’image poétique doit capter longuement la pensée, la laisser errer d’un point à l’autre pour y chercher des réponses, ou d’autres raisons de cheminer".
    Bravo, bravo.

  2. tiidoune dit :

    jminspire bc

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Ariane.

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