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Cimetière américain de Normandie

Cimetière américain NormandieAu fond, tout près, il y a la mer. D’ici on ne voit qu’elle, la plage a disparu, masquée par l’escarpement qui n’est pas une falaise, plutôt une forte dune.
Qu’il a été dur à conquérir, ce talus. La plage en contrebas porte un nom de code : Omaha Beach. Le soir du 6 juin 1944, elle était devenue Omaha la sanglante.
C’est là, à l’endroit où les Américains ont eu le plus de mal à débarquer, qu’ils ont voulu rassembler les tombes des soldats tués pendant les combats de Libération de la Normandie le Jour J et les semaines qui ont suivi.

Ils sont arrivés par la mer, il est juste qu’ils reposent près de la mer. Le cimetière marin est à l’échelle des États-Unis, démesurément grand. 9387 croix s’y alignent dans un ordre parfait. Sous chacune d’elle repose le corps d’un combattant.
Près de 10 000 tombes et pourtant seulement 40 % des morts américains sont enterrés ici. Après la Guerre les États-Unis ont proposé aux familles endeuillées le rapatriement de leurs ressortissants. C’est le seul des pays Alliés à l’avoir fait.
Six fois sur dix les proches ont demandé le renvoi du corps chez eux, pour l’avoir près d’eux.
Pourtant les avis ont été partagés. D’autres familles ont voulu que leurs soldats reposent en Normandie pour toujours. Elles pensaient qu’ils avaient « mérité leur petit bout de terrain », their patch of land.
A la manière d’un consulat, le lieu est concédé à perpétuité aux États-Unis par la France.
C’est un endroit magnifique, un belvédère, un jardin, solennel et paisible. Il ne changera plus, on n’y ajoute plus de tombes nouvelles depuis des années. Parce que les proches pouvaient aussi demander cela, qu’on les enterre près de leur fils ou de leur frère.
Aujourd’hui on a donc fini d’expédier des dépouilles d’un côté à l’autre de l’Atlantique, et c’est une bonne nouvelle. Celles des soldats tués en Normandie avaient déjà connu assez de vicissitudes.
Pragmatiques comme toujours, les Américains avaient équipé chacun de leur soldat partant au Front d’un sac mortuaire dans son paquetage. Les morts ont été glissés dans leur sac et enterrés dans des fosses creusées dans les champs, avec l’aide des paysans du coin. Dans le Bessin on s’en souvient encore. Puis les cercueils sont arrivés, on a déterré les corps, on les a mis en bière pour les placer au cimetière ou les renvoyer à la maison.
Ils ont bien gagné qu’on les laisse tranquilles maintenant.


2 commentaires

  1. DENYS Hubert dit :

    Bonjour,
    Je viens de lire votre petit article concernant ce magnifique cimetière de Colleville.
    Etant membre de l’association "Les fleurs de la mémoire", je m’y rends chaque année pour y fleurir "mes "deux tombes, lors du Memorial-Day.
    Un petit point de détail cependant: Les tombes n’ont pas été creusées avec l’aide des paysans du coin mais avec celle des prisonniers de guerre allemands.A vrai dire, peu de civils ont participés au creusement des fosses, par contre, ils ont été utilisés à La Cambe pour fouiller les cadavres et récupérer les effets personnels et militaires. ( Lire à ce sujet le livre écrit par les habitants de La Cambe: " En juin 44, j’avais ton âge" (en vente à la mairie de ce village)
    Il faut aussi préciser que les hommes qui reposent à Colleville ont été exhumés 3 fois et inhumés 4 fois avant d’avoir la sépulture définitive qu’ils ont maintenant.(cimetière provisoire de Vierville, cimetière de la Cambe cimetière provisoire de St Laurent)Et pas toujours dans un cercueil.
    Je connais très bien l’histoire de l"édification de ce cimetière et j’ai même fait un livre sur le sujet.
    Si cela vous intéresse contactez-moi.
    Et encore merci pour cet article
    Cordialement.
    H.Denys

  2. Ariane dit :

    Monsieur Denys, la réalité est encore pire, avec ces exhumations et inhumations à répétition… Merci de votre éclairage, je suis sûre que cela intéressera des lecteurs.

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Ariane.

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