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Première découverte préhistorique

tombeau préhistorique à Cocherel N’importe quel enfant d’aujourd’hui sait vous parler des hommes préhistoriques. Pas moyen de coller un écolier sur leur façon de se vêtir de peaux de bêtes, de tailler des pointes de lance dans la pierre, de faire du feu avec des silex et de chasser le mammouth.
Ce savoir nous paraît si évident qu’on en oublierait que cela n’a pas toujours été le cas. Au 17e siècle, par exemple, on ignorait tout de la préhistoire. Le passé le plus ancien remontait à l’Antiquité et, chez nous, aux Gaulois.
Cette « naïveté » fait toute la saveur du récit de la première découverte archéologique relatée au monde, en 1685. Elle s’est passée tout près d’ici, dans un village de la vallée d’Eure qui s’appelle Cocherel et qui s’est aussi rendu célèbre pour d’autres raisons.
Le seigneur de l’endroit avait besoin de pierres de taille, or tous les tailleurs étaient réquisitionnés sur le chantier du château de Maintenon. Il a voulu réemployer de belles pierres qui se trouvaient dans un de ses champs. Il ignorait qu’elles fermaient une tombe, encore plus que celle-ci datait du néolithique.
On a dépêché sur place le juge et le curé ainsi que quelques paysans. La question importante était de savoir s’il s’agissait d’une sépulture chrétienne ou non. Ayant remarqué par leurs observations que les défunts étaient idolâtres, les notables locaux en ont conclu qu’on pouvait sans scrupule profaner le tombeau.
Le texte décrit minutieusement cette toute première découverte archéologique. C’est tout à fait étrange de se mettre dans la peau de ces hommes du 17e, avec leurs préoccupations, leur logique et leur langue.
Ce récit est si évocateur que j’ai cherché à retrouver l’emplacement du cimetière préhistorique, qui selon Théodore Michel existait encore au milieu du 19e siècle. A mon grand désappointement, je n’ai pas pu le localiser.

Mortemer

Abbaye de MortemerCroyez-vous aux fantômes ? A une quarantaine de kilomètres de Vernon, l’abbaye de Mortemer joue la carte des légendes qui courent sur ses vieilles pierres pour attirer les promeneurs.
Cela ne suffit pas, la sérénité de ce petit vallon du Fouillebroc, la nostalgie des ruines de l’abbatiale dont les quelques ogives et pans de murs encore debout font regretter la splendeur passée, le pigeonnier qui défie le temps, les étangs poissonneux, le chemin botanique sous les grands arbres, les beaux bâtiments classiques encore tout meublés… Il faut du frisson.
On descend dans les caves où une voix off vous conte des histoires de morts tragiques, de revenants, de louves qui n’en sont pas, de moines égorgés au milieu des tonneaux. Est-ce vraiment l’esprit du lieu ?
J’aurais aimé davantage d’explications sur la vie de cette communauté religieuse qui compta à ses plus belles heures deux cents membres. Les histoires de dame blanche m’indiffèrent, mais non la spiritualité qui a rayonné à partir de ce vallon perdu. En fait de frisson, c’est plutôt le tour en petit train, compris dans la visite qui le donne : il ne fait pas chaud le long des étangs quand le soir tombe…

Tour Grise

Tour GriseCe n’est pas l’effet du soleil couchant : à Verneuil sur Avre, la Tour Grise est bien de cette couleur brune un peu chamoisée. Elle tire son nom de la pierre qui la constitue, le grison. Cette pierre, un silex ferrugineux, a l’étrange particularité d’être grise quand on l’extrait du sol mais de devenir brun rouille en s’oxydant au contact de l’air. La Tour Grise devait l’être lors de sa construction, avant de brunir au fil des ans.
Les bizarreries de cette construction ne s’arrêtent pas là. Habituellement, les forteresses servent à protéger les villes d’un ennemi éventuel. Telle n’était pas la destination de cette tour : elle était chargée d’asseoir le pouvoir royal sur les habitants de Verneuil. C’est Philippe-Auguste qui l’a fait construire, lui qui a également fortifié Vernon (j’ai déjà parlé souvent de la Tour des Archives) et Rouen.
Le petit roi de France a envahi la Normandie après la chute de Château-Gaillard. Les Vernoliens lui ont fait mauvais accueil, ils se sont retrouvés avec une tour qui en imposait, comme une menace de finir au cachot.

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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