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Le donjon de la Roche-Guyon

Le donjon de la Roche-GuyonVoilà une semaine que le val de Seine est sous la neige, quelques centimètres à peine, mais assez pour métamorphoser le paysage.
Au-dessus de la Roche-Guyon, la route des Crêtes suit le bord de la falaise taillée par le fleuve, offrant de beaux points de vue sur les lointains bleutés.
Un peu en contrebas, on aperçoit le château fort de la Roche-Guyon. Bien que démantelé et ruiné, il a toujours fière allure dans ce site somptueux.
Cela paraît bizarre qu’il n’ait pas été construit tout en haut du coteau. Mais autrefois, sa tour était beaucoup plus haute. Elle s’élevait telle une immense cheminée et dépassait la crête de la colline, permettant de garder un oeil sur l’autre vallée juste derrière, celle de l’Epte. Cette fameuse rivière frontière de la Normandie. On est ici en Ile-de-France.
Des gravures montrent ce donjon démesuré, et c’était bien moche, vraiment, mais on n’était pas là pour faire joli. A la manière d’un périscope, la tour sortait juste ce qu’il fallait de l’ondulation de la colline, et les guetteurs guettaient.
J’ignore si, comme soeur Anne, ils ne voyaient rien venir. L’essentiel se passait quand même de l’autre côté, avec le contrôle de la Seine, et cette grosse chaîne qui stoppait les bateaux. Ceux-ci sentaient peser sur eux toute la menace du château fort, et s’acquittaient du péage sans discuter.

La Roche-Guyon

la Roche-GuyonDans la lumière de fin de saison, une des petites rues de la Roche-Guyon où le temps semble s’écouler à un rythme oublié.
Par celle-ci on accède à l’église. D’autres plus étroites s’ouvrent entre les hauts murs des maisons et ceux des jardins aux portes dérobées.
Partout des pavés, des fenêtres fleuries de géraniums, des chats qui se prélassent dans le ron-ron des péniches qui passent. Une jolie douceur pour fêter le début de l’automne dimanche prochain.

L’arboretum de la Roche-Guyon

L'arboretum de la Roche-GuyonVoilà un joli but de promenade en toutes saisons : à quelques kilomètres de Giverny, il faut suivre la pittoresque route des Crêtes qui surplombe la vallée de la Seine en offrant de superbes panoramas entre les villages de la Roche-Guyon et de Vétheuil. A mi-parcours environ, une allée cavalière s’ouvre sur la gauche, avec l’indication de l’arboretum à 1200 mètres.
C’est parti pour un quart d’heure de marche à travers la forêt. Tout au bout de l’allée, à flanc de coteau, vous arrivez à un parc de treize hectares plantés d’arbres encore jeunes. L’entrée est gratuite et toujours ouverte.
Le fil conducteur de ce parc, ce sont les forêts de l’Ile de France. L’arboretum figure la carte de la Région, avec ses vallées et ses départements. Chacun d’eux est représenté par une essence d’arbres qui pousse spontanément dans ses forêts, chêne, hêtre, érable, frêne, tilleul…
On peut compter autant d’arbres qu’il y a de communes dans le département francilien. Les platanes symbolisent Paris. Des arbres plus rares enrichissent la collection.
L’endroit le plus magique de l’arboretum se situe tout en bas sur la droite. Des dizaines de sequoïas – un de mes arbres préférés – bordent une petite allée sinueuse. Entre eux poussent une collection de bambous tous différents, puis une collection de houx. Même en ce moment, tout est vert. Les sequoïas n’ont pas encore atteint leur maturité, certes, mais ils sont déjà de belle taille. Cela promet une allée absolument majestueuse pour nos petits-enfants.

La halle de la Roche-Guyon

La halle de la Roche-GuyonSituée en plein centre du village, la halle de la Roche-Guyon a la particularité d’abriter le marché au rez-de-chaussée et la mairie au premier étage.
L’hôtel de ville s’y trouve depuis 1847.
Un document de cette époque décrit le bâtiment, qui

« se compose par bas d’une place destinée à mettre à couvert les marchands, couverte d’un plancher supporté par de forts piliers en pierre de roches, au nombre de vingt-cinq. A l’une de ses extrémités se trouvent un escalier montant au premier étage, une chambre servant de corps de garde et deux autres petites chambres destinées à enfermer les individus arrêtés. Le premier étage auquel conduit l’escalier se compose d’un long corridor conduisant à une salle de mairie, puis au logement du concierge préposé par la commune à la garde du bâtiment. »

La disposition des lieux n’a guère changé. L’ensemble a un côté pittoresque qui, avec le château, le donjon, le potager, les bords de Seine et les petites rues, contribue au charme de la Roche-Guyon, un des plus beaux villages de France proche de Paris, entre Giverny et Vétheuil.

La Roche-Guyon

Le village de La Roche-GuyonA cinq minutes de Giverny en direction de l’Ile de France, se trouve La Roche-Guyon, l’un des « Plus beaux villages de France ».
Le bourg est joliment niché le long de la Seine, au pied d’une colline boisée. Ses maisons anciennes s’alignent le long de rues aux noms évocateurs et de ruelles bordées de jardins. Le village a séduit des peintres tels que Georges Braque, Paul Cézanne, Auguste Renoir, Camille Pissarro, et bien sûr Claude Monet du temps où il habitait à Vétheuil.
La Roche-Guyon concentre de nombreux centres d’intérêt touristiques, à commencer par le château. Malgré les apparences, le donjon médiéval et la demeure classique qui s’élève à ses pieds font partie du même ensemble. Un escalier secret taillé dans l’épaisseur de la falaise relie la tour au château seigneurial.
Devant le logis, un vaste potager en accès libre s’étend jusqu’au fleuve. Il a été restitué dans son aspect du 18e siècle. Ses trente-deux parcelles triangulaires sont bordées d’arbres fruitiers, poiriers, pommiers, pruniers et pêchers. Les plates-bandes colorées mêlent des légumes décoratifs, des fleurs et des graminées. D’autres sont cette année consacrées aux plantes condimentaires ; sous le soleil, elles répandent de savoureux parfums.

Claude Monet dans la collection Chtchoukine

Le Parlement, les mouettes, Claude Monet 1901

Le Parlement, les mouettes, Claude Monet 1901 huile sur toile 81 x92 cm. Musée Pouchkine, Moscou.

Commencer une collection de tableaux par un Monet, c'est un bon début. La scène se passe en 1898. Le très riche Sergueï Chtchoukine, magnat russe de l'industrie textile et de la finance, fait l'acquisition des Rochers à Belle-Ile auprès du marchand d'art parisien Durand-Ruel. La marine de Monet ouvre la voie à douze autres toiles du maître de Giverny.  

On peut découvrir l'ensemble de ces toiles en ligne, et même des photos de la salle Monet du palais Troubetskoy qui montrent comment les oeuvres étaient accrochées. Tous les tableaux se touchaient, cadre contre cadre, sur deux rangées. Rien que des chefs d'oeuvre : le Déjeuner sur l'herbe, Femme au jardin, Lilas au soleil, une vue d'Etretat, de Dieppe, le Parlement de Londres, deux Cathédrales de Rouen, un Pont japonais, une Prairie à Giverny… Des toiles envoûtantes, magiques. 

Presque tous ces Monet sont encore pour quelques jours à Paris à la Fondation Vuitton, en compagnie des très nombreuses autres pépites de la collection Chtchoukine. Juste avant la révolution russe et l'exil, le collectionneur se passionnait pour l'art de Picasso et de Matisse. Il avait même acquis un tableau de Braque inspiré du château de la Roche-Guyon. Voir sa collection rassemblée dans la capitale française, voilà un projet qui lui aurait certainement beaucoup plu. 

Les plus beaux villages de l’Eure

Le village du Bec-HellouinLes moines ont toujours su admirablement choisir les endroits où ils construisaient leurs monastères. La belle abbaye du Bec-Hellouin est nichée dans une petite vallée verdoyante, celle du Bec, et elle est accompagnée d’un petit bijou de village normand.
Le département de l’Eure possède deux villages labellisés « plus beaux villages de France » : Lyons-la-Forêt et le Bec-Hellouin.
Deux villages, ce n’est pas énorme, mais la vocation touristique de l’Eure n’est pas aussi prononcée que celle des départements qui concentrent le plus de villages labellisés, comme, disons, la Dordogne, où ils sont les uns à côté des autres.
Tout près de Giverny, dans le Val d’Oise, la Roche-Guyon est le seul village labellisé de toute l’Ile-de-France, une région pas vraiment en pointe pour le tourisme rural.
Ce n’est pas une distinction qui tombe du ciel, mais le fruit d’une démarche de la municipalité. Pour entrer dans le club assez fermé des Plus Beaux Villages, qui ne compte actuellement que 155 membres en France, il faut d’abord le demander. Et satisfaire à une série de critères, dont certains éliminatoires. Il est ainsi impératif de rester sous la barre des 2000 habitants, et d’avoir au moins deux monuments classés.
27 autres critères sont examinés par le jury avant l’attribution du label. Si le résultat est concluant, le gain en terme d’image sera très important. Le coût lui aussi n’est pas négligeable, puisque le village doit payer une cotisation annuelle de plusieurs euros par habitant.

Les frasques des fresques

Fresques dans l'église Saint-Samson, la Roche-Guyon Cela faisait bien une dizaine d’années que je n’avais pas visité l’église de la Roche-Guyon, dédiée à Saint-Samson : les petites églises de village sont généralement maintenues fermées. J’avais gardé le souvenir très vif de fresques magnifiques, ornant les voûtes de bleu roi piqué d’étoiles d’or.
Hier, à l’occasion des journées du Patrimoine, j’ai de nouveau franchi le seuil de l’église de la Roche-Guyon. Et vous imaginez ma stupeur en découvrant le décor peint.
Les fresques n’ont pas fait de frasques, elles datent du 19ème siècle et mériteraient une restauration. C’était donc bien les mêmes que j’ai vues naguère.
Mais le bric-à-brac de la mémoire m’a fait surimposer une voûte vue ailleurs avec le souvenir émerveillé de découvrir des fresques dans une église, ce qui n’est pas si fréquent.

Je me demande où j’ai bien pu voir une voûte peinte en ciel étoilé. Vous avez une idée ?

Et puis accessoirement, je trouve les tours que joue la mémoire bien étonnants, et les témoignages oculaires bien fragiles.

Où on se croit ?

La Roche-GuyonLe touriste a la manie des comparaisons. C’est un peu agaçant pour ses voisins, témoins involontaires des rapprochements les plus insensés, Amsterdam et Venise, Notre-Dame de Paris et la cathédrale de Montréal, que sais-je…
C’est agaçant parce que ces similitudes sont imaginaires. Je ne sais pas si plaquer un paysage sur un autre empêche de voir vraiment ce que l’on a sous les yeux, en tout cas c’est plus fort que soi, il faut qu’on rattache l’inconnu à son référentiel personnel.
Le touriste cherche à établir des connexions entre ce qu’il connaît et ce qu’il découvre. Il retient certaines caractéristiques du paysage qui évoquent des images familières et il élimine ce qui le gêne pour établir le lien.

Chaque jour j’entends comparer Giverny à des tas d’autres jardins que je n’ai pas vus, et qui sans doute sont des jardins, et à ce titre comparables, mais qui ne doivent pas avoir beaucoup de points communs avec celui de Monet.
Je laisse dire avec un intérêt poli.
Ce n’est pas moi qui irai jeter la première escarbille dans l’oeil des touristes. J’ai fait pire qu’eux. A dix kilomètres de Giverny, sans l’excuse de me trouver loin de chez moi, cette vue du donjon de la Roche-Guyon surplombant une maison à colombages en encorbellement m’a frappée par sa ressemblance avec…
Vous ne voyez pas ? Allons, avec un peu d’imagination on ne se croit pas en Ile de France, ni même dans la Normandie toute proche, mais…
En Alsace bien sûr, un petit village alsacien blotti au pied des ruines du burg !
D’accord, il faudrait ajouter des masses de géraniums aux fenêtres, troquer le calcaire francilien du château pour le grès des Vosges, et changer les alignements de colombes en dessins beaucoup plus élaborés. Mais à ces détails près…
Je vous l’avais dit que c’est agaçant.

Potager fermé

potager de la Roche-Guyon Les dahlias fleurissent pour personne dans le potager-verger du château de la Roche-Guyon. Quatre années seulement après son ouverture en 2004, le jardin est déjà fermé.
Malgré les deux pages d’explications affichées sur les grilles, les raisons qui ont présidé à cette fermeture du potager ne sont pas vraiment claires. Peut-être son entretien était-il tout simplement trop cher pour le conseil général du Val d’Oise, propriétaire du château.
Ce qui est bien expliqué, en revanche, c’est le virage écologique et social que va prendre le jardin. On avait voulu recréer ici le potager-verger du château tel qu’il se présentait au 18e siècle, mais impossible de lui fournir les trente jardiniers qui s’y activaient à l’époque. On aura désormais un potager soucieux de préservation de l’environnement d’où la chimie polluante sera proscrite, et dont la production devra trouver des débouchés sur les marchés locaux, auprès des associations caritatives et d’insertion.
Selon Gilles Clément, qui mène ce projet, on sera de la sorte beaucoup plus près des intentions qui ont présidé à la création du jardin au 18e siècle. Il s’agissait de se nourrir avec des produits locaux, cultivés de façon naturelle. On expérimentait aussi dans les jardins de châteaux, on testait de nouvelles espèces, des méthodes de cultures innovantes, pour le bien-être de l’humanité. Le nouveau potager, qui ouvrira peut-être en 2009, misera lui aussi sur la biodiversité.

Au pied du mur

Donjon du château de la Roche-GuyonTout est imposant dans les constructions militaires du Moyen-Âge : la hauteur des murailles, leur épaisseur phénoménale, les endroits inaccessibles où on est allé les construire…
Au château de la Roche-Guyon, c’est le savoir-faire des maçons qui force l’admiration. C’est plus apparent si vous agrandissez la photo : le donjon est composé de pierres de forme irrégulière grossièrement taillées sur une face seulement, celle qui doit être la plus lisse possible pour empêcher l’escalade, la face que l’on voit quand la pierre est posée.
Les maçons ont dû se débrouiller avec la forme de chaque pierre pour lui trouver son emplacement, l’intégrer dans la structure générale en conférant un maximum de solidité à la tour. Ils ont très habilement rattrapé les décalages, alterné les grosses pierres et les petites sans rompre l’équilibre global de la construction.
Ce savoir-faire s’est maintenu longtemps par tradition dans les constructions de murets de pierres sèches. Mais aujourd’hui il se perd. On ne sait plus combiner les pierres entre elles, il est tellement plus facile de combler les espaces à grand renfort de ciment. Le résultat n’a rien à voir avec l’esthétique de cette tour qui défie le temps depuis huit cents ans, où l’emplacement de chaque pierre a été pensé avec soin.

Buis

buisLe muguet a son heure de gloire le 1er mai. Le buis, qui n’a pas l’avantage de fleurir opportunément et de façon spectaculaire, est néanmoins à la fête une fois par an.
Le Buxus sempervirens le doit à sa marque distinctive d’être toujours vert.
Pourquoi a-t-il été choisi pour représenter les Rameaux, et pas le lierre ou le houx ? Pour quelque raison mystérieuse qui dépend de la tradition régionale, le laurier, l’olivier ou le saule lui sont préférés ailleurs, mais dans le nord de la France c’est le buis qui a cet honneur.
En Normandie il n’est pas rare de voir dans les maisons des petits brins de buis glissés sous les crucifix. L’usage veut qu’on en place à la tête de chaque lit. On les conserve pendant onze mois jusqu’au mercredi des Cendres, le premier jour du Carême suivant, pour les brûler et en faire les cendres bénites.

Le buis sauvage est abondant dans les sous-bois de la vallée de la Seine. A la Roche-Guyon il forme des taillis, il pousse en arbres de plusieurs mètres de haut.
Tronc grêle, allure dégingandée informe, feuillage peu dense aux feuilles minuscules, ce pas beau à l’état sauvage devient sculptural dans les jardins, grâce à la magie de la taille. Il n’a pas son pareil pour se transformer en cône, en boule ou en martien, quand les sécateurs affûtés le façonnent au gré de l’inspiration.

Esther et Rommel

Tapisserie d'Esther, la Roche-Guyon, détailUne magnifique suite de tapisseries des Gobelins orne le grand salon du château de la Roche-Guyon.
Ces tapisseries représentent l’histoire d’Esther, une jeune femme juive dont s’éprit le roi des Perses et qui sauva son peuple d’un génocide grâce à l’influence qu’elle exerça sur son époux.
L’histoire est tirée de la Bible et elle a connu un succès certain depuis le Moyen-Âge, Racine en a même fait une tragédie.
C’est la duchesse d’Enville, femme intelligente et cultivée, qui a fait réaliser ces tapisseries en 1769. Féministe avant l’heure, il n’est pas surprenant qu’elle ait privilégié une histoire qui met en valeur un personnage féminin.
Ce qui est plus étonnant, c’est la suite. En 1944, Rommel occupe le château de la Roche-Guyon. Le maréchal allemand installe son bureau dans le grand salon, juste devant les tapisseries. Que va-t-il faire de ces immenses tentures de plus de trois mètres de côté à la gloire d’une héroïne juive ?
Eh bien justement, il ne fait rien. Les tapisseries d’Esther restent en bonne place tout autour du bureau de Rommel, des photos en témoignent. C’est quasi surréaliste.
Très certainement Rommel savait parfaitement ce que racontaient les tapisseries.

Bardeau

toit de bardeauComme tout château qui se respecte, celui de la Roche-Guyon a sa chapelle. Elle est coincée dans une courette entre le corps principal du château et la falaise.
Comme elle ne se visite pas, on ne peut en découvrir que l’extérieur, qui ne présente pas une grande originalité en dehors de sa toiture. L’escalier qui mène au donjon permet de l’observer depuis le dessus.
Un joli toit un peu rustique, n’est-ce pas ? Il est composé de petites planchettes de bois, un revêtement qui se nomme un bardeau.
Pourquoi ne pas l’avoir fait en tuiles ou en ardoises, matériaux plus « nobles » qui paraîtraient mieux convenir à une chapelle, à un château ?
Parce qu’on n’en finirait pas d’avoir des tuiles ou des ardoises cassées. Placée au pied de la falaise, la chapelle est exposée aux chutes de petits bouts de pierres. Avec son toit en bois, elle ne risque rien. Les cailloux rebondissent sur le bardeau et finissent leur chute en roulant tranquillement dans la cour.
A la Roche-Guyon toutes les maisons construites à proximité de la falaise ont des toits de bardeau.

Humour noir

porte blindée avec judas Un visiteur du château de la Roche-Guyon a remarqué la ressemblance entre les portes blindées munies de judas qui protègent l’accès du donjon et… les entrées bien gardées des boîtes de nuit ! Il lui a suffit de ramasser un bout de craie détaché de la falaise pour écrire sur la porte la précision qui manquait :

BOITE DE NUIT
TENUE CORRECTE EXIGEE

Concentrée sur l’aspect médiéval du château, je n’ai rien remarqué quand j’ai fait la visite et pris la photo. Ce n’est que face à l’écran que j’ai découvert cette légende au savoureux humour noir.
Après être passée à côté en gravissant puis en redescendant les quelque 250 marches qui mènent à la tour, c’était vraiment avoir l’esprit de l’escalier.

Passage secret

passage secretOn croirait se trouver dans les entrailles d’un monstre.
A la Roche-Guyon, le château situé au bord de la Seine est relié à son donjon en haut de la falaise par un passage secret. Un incroyable escalier s’enfonce dans l’épaisseur du roc.
Les bâtisseurs ont réalisé un exploit, mais un exploit relatif : la pierre est assez tendre à la Roche-Guyon, c’est un genre de craie entrecoupée de rangées de silex. Depuis toujours on a exploité cette possibilité de la creuser facilement. Le village était à l’origine entièrement troglodytique, il compte encore beaucoup de cavités, qu’on nomme ici des boves.
La visite du château de la Roche-Guyon est passionnante, il y a tant à voir qu’on ne peut tout parcourir en une fois. Pourtant, il faut garder un peu de place pour le dessert.
La montée au donjon, c’est vraiment quelque chose d’extraordinaire. Elle demande un peu de condition physique : plus de 150 marches très hautes, 40 cm pour certaines. Mais quelle sensation étonnante de se trouver dans ce boyau tout blanc de craie, bouché au 18ème siècle et redécouvert au 20ème ! Et quelle récompense au sommet, avec la vue qui se déploie sur le village, la boucle de la Seine et se perd à l’horizon dans la brume…
Il n’y a plus de guetteurs au château de la Roche-Guyon. Mais un gardien surveille le donjon et les visiteurs qui s’y trouvent. Autant dire qu’il s’avale quelques milliers de marches toutes les semaines, à la montée et pire, à la descente.
Ce métier, ça vous fait des mollets de cycliste et un coeur d’alpiniste.

Maison à vendre

Maison de Monet à VétheuilLa maison de Monet cherche un acquéreur. Je suis passée devant aujourd’hui, il y avait un gros panneau A VENDRE accroché au volet du premier étage, avec l’adresse d’une agence de Mantes-la-Jolie.
C’est un peu exagéré de parler de la maison de Monet, c’est vrai. Elle ne lui a jamais appartenu. Il en a été locataire pendant trois ans, de 1878 à 1881, avant de déménager pour Poissy puis Giverny.
Il habitait alors Vétheuil. La maison se trouve à la sortie du bourg en direction de la Roche-Guyon. Elle s’élève au ras de la chaussée dont elle n’est séparée que par un étroit trottoir.
La propriété comprenait alors un jardin de l’autre côté de la route (tiens tiens, déjà !) qui a disparu depuis, une maison récente y a été bâtie.
Voilà des lustres que la demeure de Monet n’est plus habitée. Je l’ai toujours vue avec les volets fermés. C’est sûrement ce qui peut lui arriver de mieux, d’être enfin mise en vente.
Dans l’état où elle a l’air de se trouver, à en juger de l’extérieur, il se peut qu’elle ne soit pas très chère. Que va-t-elle devenir ? Qui se laissera séduire par son potentiel, son histoire ? Est-ce que ce seront des particuliers qui en feront leur sweet home ? Une collectivité locale qui y ouvrira un musée ? Une école de peinture qui s’y installera ?
Tout est possible… On est là en plein milieu des motifs de Monet. Trois pas dans la rue, et le paysage qu’il a peint des dizaines de fois se révèle, la route de la Roche-Guyon, le village de Lavacourt de l’autre côté de la Seine, et surtout l’église de Vétheuil, tant aimée du peintre. Un endroit fabuleux, chargé de douloureux souvenirs.

Cabane dans les bois

Cabane dans les bois près de ParisEn matière de cabane, à chacun ses ambitions. Il y a ceux qui ne la conçoivent que perchée en haut d’un arbre avec terrasse panoramique et hamac intégré, et ceux pour qui quelques branches de bois mort assemblées en dix minutes suffisent. Si les premières font rêver, les secondes ont le parfum et la fragilité de l’enfance.
Je furetais à la recherche des fleurs de printemps dans la forêt de la Roche-Guyon, à l’ouest de Paris, quand je suis tombée nez à nez avec celle-ci.
Depuis combien de temps est-elle là ? Ses bâtisseurs reviendront-ils la voir et la perfectionner ? La retrouveront-ils intacte ?
Il en va des cabanes comme des châteaux de sable : elles disparaissent inéluctablement, on ne sait pas trop comment. Le temps qu’elles durent, elles concrétisent les instants pleins d’entrain qui leur ont donné naissance.

La présence d’un ou plusieurs enfants est indispensable à la réalisation d’une cabane de branchages. Sans eux, la magie du jeu n’opère pas. Mais s’ils sont là, il suffit de lancer « et si on faisait une cabane ? » pour voir des étoiles s’allumer dans leurs yeux.
On choisit d’abord l’emplacement. Un arbre qu’on va entourer, ou une vieille cépée, ces rejets de bois qui repoussent à partir de la souche d’un arbre coupé. Dans ce cas il ne reste plus qu’à combler les vides entre les troncs.
Les matériaux sont partout, à profusion. Il n’y a qu’à se baisser pour trouver des branches tombées. Vous rappelez-vous ? S’il a plu elles sentent le champignon, elles abritent des bêtes, c’est un peu dégoûtant. On regrette de ne pas avoir de gants mais on ramasse quand même, on tire les plus longues, regardez ce que j’ai trouvé ! Manque de chance, ce sont les plus enquiquinantes à placer, elles dépassent de partout. Les trop petites ne servent à rien, il en faut de la bonne longueur.
Chacun y met beaucoup d’ardeur, et puis tout à coup ça y est, tous les murs sont construits, on peut s’arrêter. L’instant est solennel : on entre dedans.
Il n’y a que les plus petits qui tiennent debout, qui ont une relative impression d’espace. Pour tous les autres, c’est minuscule. On s’accroupit. On savoure.
Tout autour, les branches placées les unes à côté des autres forment une claire-voie. Elles marquent la limite du dedans et du dehors. Il ne faudrait pas qu’il pleuve, ni qu’il gèle, ni qu’une bête sauvage s’approche. La protection est illusoire, tout au plus un camouflage. On s’est fabriqué une cachette au fond des bois. On s’y trouve bien tant que le soleil brille.
Peu à peu l’excitation donnée par le projet s’estompe. L’inconfort d’être assis sur la terre battue l’emporte. On ressort. On rajoute une branche ici ou là, à court d’idée.
On se prend en photo devant, tout fier. C’est fini. Il est temps de rentrer.

Mur végétal

Mur végétal de Patrick Blanc au château de la Roche-GuyonIl était une fois, au château de la Roche Guyon, un renfoncement où des plantes peu gourmandes s’étaient installées spontanément.
Patrick Blanc, botaniste et chercheur au CNRS, s’est intéressé à la flore de cette cavité. Créateur de murs végétaux, il a eu envie d’amplifier le phénomène dans cette niche en y introduisant des plantes tropicales et en assurant un léger apport d’eau et d’engrais.
La greffe a très bien pris, on peut admirer aujourd’hui des espèces collectées au Japon par Patrick Blanc (Pilea petiolaris et Elatostema umbellatum) et de nombreuses variétés indigènes, fuchsias, fougères, bégonias, saxifrages ou menthes.

Poire

poires dans le potager du château de la Roche GuyonOn peine aujourd’hui à imaginer quelle passion animait nos aïeux pour les poires : comptées, convoitées, comme l’a mis en scène la Comtesse de Ségur.
Au château de la Roche-Guyon, un document daté de 1741 fait l’inventaire des variétés d’arbres fruitiers cultivées dans le potager du château. Celui-ci recense la bagatelle de 675 arbres, dont 442 poiriers. Le reste du contingent se compose de pommiers, de pêchers et de pruniers.
A en croire le document sur le potager de la Roche-Guyon, on avait là une véritable collection de fruitiers, sorte de conservatoire des espèces avant l’heure. Les poiriers se partageaient en 14 variétés, les plus nombreuses portant les noms de « crazane, Colmar, beuré, Saint-Germain et Ambrete ».

La culture des poires se poursuit dans la région. En octobre, la récolte bat son plein. C’est le moment de déguster celles qui ne se garderont pas et qui garnissent en ce moment les étals des marchés.

Valériane

valérianeA la Roche-Guyon, près de Giverny, voilà longtemps que plus personne ne passe par ce portail. Une touffe de valériane lui donne un air champêtre, qui sied bien à ce modèle ancien en bois.
On n’est pas plus accommodante que la valériane, qui n’a besoin ni de terre ni d’arrosage, et semble d’autant plus heureuse qu’elle colonise des endroits inaccessibles ou inhospitaliers. Quelle autre plante voudrait de ce coin compacté par le passage des roues ?
Quand on la bichonne, la valériane ne se sent plus d’aise et récompense le jardinier par des plants de près d’un mètre de haut. Chouchoutée ou pas, elle fleurit généreusement deux fois, au printemps et à la fin de l’été, en rose, rouge ou blanc.

Perilla nankinensis

Perilla nankinensis, périlleLa pérille de nankin est une plante condimentaire qui nous vient tout droit du Japon. Elle est à la cuisine nippone ce que le persil est à la nôtre, mais ce sont plutôt ses qualités décoratives qui l’ont fait adopter depuis peu par les jardiniers européens dans les massifs.
Au potager du château de la Roche-Guyon, elle est plantée si serrée qu’elle forme une masse dense verte et pourpre.
Ses feuilles finement dentées et sa taille rappellent l’ortie, tandis que sa couleur évoque les salades rouges. Au Japon, on consomme les feuilles crues ou séchées, en tempura, avec du tofu, des sushis… On utilise aussi les graines et l’huile qui en est extraite.
Le week-end prochain (du 8 au 10 septembre 2006), on pourra en cueillir et y goûter à l’occasion de la « Fête du jardin gourmand dans le verger-potager du château de La Roche-Guyon ». Les massifs de sauge sclarée, de cerfeuil musqué, de pérille de nankin et d’agastache vont venir parfumer des salades à accompagner d’un petit vin d’aspérule. La jardinière Noémie Vialard vous donnera les recettes et de bons conseils pour cultiver les aromatiques en pot.
Le potager du château de la Roche-Guyon est ouvert tous les jours de 10 h à 17 h jusqu’au 5 novembre.

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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